01/12/2005

Michel Mainil


 
 Michel Mainil

 
 
Du jazz , du beau jazz! Somme tout très classique mais drôlement bien ficelé . Des reprises de Wayne Shorter , de T.Monk , ou de Sam Rivers ; des compositions originales du quartet et un accessit pour celle de Michel qui en débutant l'album en donne directement le ton.
 
Mais parlons de l'accompagnement .
Alain Rochette au piano s'adapte parfaitement bien aux différentes atmosphères de l'album et ce par un jeu précis , rythmé et vigoureux à souhait. José Bedeur à la contrebasse impose avec la régularité du métronome le tempo et le batteur Antoine Cirri vibre parfaitement bien à l'unisson du quarter.
 
Quant à Michel Mainil , en parfait leader , il sait s'imposer tout en laissant suffisamment d'espace aux autres musiciens. Pas de notes inutiles , le respect d'une tradition acquise par sa longue expérience de sideman en Belgique et à l'étranger.
Un musicien en pleine maturité , que l'on sent bien dans sa peau , digne de figurer parmi le gotha du jazz européen. Une étape supplémentaire qui lui donnerait l'assurance nécessaire pour se laisser aller dans des compositions plus fortes , encore plus osées.
 
 
Avec : Michel Mainil   : Saxophone
           Alain Rochette : Piano
           José Bedeur    : Contrebasse
           Antoine Cirri   : Batterie




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L'Âme des Poètes

 

Petit billet de (bonne) humeur à propos du concert « L’Ame des poètes »

 

Quand on a l’amour de la chanson française

 

« L’Ame des poètes » est ce trio jazz qui interprète des chansons françaises à la façon des standards américains.

Vendredi 2 décembre à Ans, le trio, très en forme, a livré une bonne douzaine de chansons, entrecoupées de nombreuses plaisanteries et calembours du contrebassiste Jean-Louis Rassinfosse.

Sur le plan musical, ces trois-là (Pierre Vaïana au sax ténor et Fabien Degryse à la guitare, outre celui déjà cité) sont on ne peut plus à l’aise sur scène.

 

Personnellement j’ai préféré la première partie, plus surprenante peut-être, entre rire et émotion. Mais il y a eu aussi de très beaux moments dans la seconde. Disons que parfois c’est un peu difficile de redémarrer après l’entracte, surtout par un pot-pourri, genre qui n’est pas ma tasse de thé (tous les goûts ne sont pas dans ma nature, comme disait à peu de choses près Jacques Dutronc, dont le trio a rappelé qu’il avait en tout cas le goût des filles). Mais on boit la suite avec délices.

 

La chanson française est, pour ces musiciens, un vaste et presque infini réservoir de mélodies, de rythmes et d’atmosphères où puiser l’inspiration de soli merveilleux dans différents genres… D’une part les chansons sont quelquefois prises à contre-pied : « Les filles de Camaret » devient presque un morceau romantique, tandis que « Céline », chanson plutôt mélo, est interprétée de façon « élisabéthaine » légèrement distanciée. D’autre part, au cours d’une même chanson, on passe par différents styles, ainsi, par exemple, dans « Madeleine » de J.Brel  on commence par le western  pour continuer en manouche et finir en be-bop. Il y a aussi de nombreuses citations d’autres chansons que celle dans laquelle on est (La Brabançonne « Valeureux Liégeois" entre autres)...

 

Ces chansons françaises ne sont pas qu’un prétexte à improvisation.

Du fait d’être jouées instrumentalement (pas comme Maxime ou Renaud interprétant Brassens, par exemple), elles réveillent notre mémoire et nos souvenirs, car nous connaissons tous au moins des bribes de ces « standards », donc nous recréons même sans le vouloir les paroles, ou quelquefois nous oublions dans quelle chanson nous nous trouvons, pour partir en imagination ailleurs, donc forcément plus loin que Camaret, ou bien, par exemple, nous réalisons que la mélodie du

«  zizi » de P.Perret  est vachement bien foutue (j’ai bien dit la mélodie). Je regrettais cependant l’absence de l’une ou l’autre chanson plus « moderne » comme une de Bashung ou de Murat, par exemple, sans parler des auteurs-compositeurs plus jeunes… mais on ne peut pas tout avoir.

 

Je ne parlerai pas des trois merveilleux interprètes car la presse regorge déjà d’éloges à leur sujet. Je dirai juste que Pierre Vaïana a entre autres dons, celui d’imiter le rire avec son sax, que Fabien Degryse devient de plus en plus beau (et bon) en vieillissant et ce n’est pas que moi qui le dis, et que j’ignorais que Rassinfosse fut (de scène) aussi désopilant tant dans ses jeux de mots que, par moments, dans son jeu de mains (loin d’être vilain, est-il besoin de le rappeler) ; comme disait Arno (qui, lui aussi, reprend des standards) : « Vive ma liberté ! » Libres ils sont, d’expression, de mouvements et de tout ce qu’on voudra !

 

Ils ont pratiqué avec un art consommé le « détournement de majeurs » que nous avons oublié d’être, grâce à eux, pendant quelques instants.

Et, Madame, retomber en enfance, ça fait parfois du bien !

 

                  Véronique Willemaers

 

                 Le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas




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L'Âme des Poètes


 
 
L'Âme des Poètes au CC de Ans le 2 décembre 2005
 

 

Je dois bien l'avouer, la musique de L'Âme des Poètes - sur disque - ne provoque pas chez moi la même réaction que lorsque je pense à Fernande.

Il faut dire que j'ai souvent un peu de mal à entendre des chansons françaises ou de pop anglaise adaptées en jazz.
J'ai mis longtemps avant d'apprécier les tubes de Radiohead interprétés par Mehldau par exemple. De même, j'ai beaucoup de mal avec le projet "Jazz Me Do" de Phil Abraham...
Que voulez-vous, c'est épidermique.
Et pourtant, dans ces deux cas, ce sont d'excellents musiciens, il faut bien le dire...

Excellents musiciens, c'est le cas aussi du trio qui se produisait ce vendredi soir au CC Ans, puisqu'il ne s'agit rien de moins que de Jean-Louis Rassinfosse, contrebassiste qu'on ne présente plus, Pierre Vaiana, fabuleux soprano et Fabien Degryse à la guitare - que je voyais pour la première fois sur scène.

Je dois dire qu'en "live", L'Âme des Poètes vaut la peine d'être vu.
Et entendu.

Après avoir fait grincer la scène et vidé bruyament ses poches, Rassinfosse présente le groupe à force de jeux de mots, de clins d'oeil et de blagues bon enfant.
Cap sur la bonne humeur, donc....

On commence avec "Quand on n'a que l'amour". Puis vient un très étonnant et très intéressant "Brave Margot" de Brassens traité à la façon "manouche".
Là, mon septicisme de départ s'estompe déjà un peu.
Surtout quand Pierre Vaiana s'empare de quelques belles impros. Rassinfosse en profitant pour placer quelques "citations" comme "Sing Sing" de Nougaro par exemple.

Une pointe d'inquiétude renaît lorsque Jean-Louis annonce "Les filles de Camaret"...
Eh bien, le trio prendra tout le monde à contre-pieds en proposant une relecture façon balade classique. Très beau moment. Bluffant!
Fabien Degryse montrera une dextérité, une souplesse et une céativité de jeu époustoufflante.
On retrouvera encorre la même brillance de son jeu sur "Madeleine" traité ici en "folk-country", la jouant "à la Marcel Dadi".

Rassinfosse aussi fait ce qu'il veut avec sa contrebasse. Il joue, improvise, cite comme il parle: une idée en amenant une autre. Toujours avec humour.

"Jaime les filles de mon pays", contraction d'une chanson de Dutronc et de Macias - je vous laisse deviner lesquelles - est aussi un petit bijou d'ingéniosité.
En jouant le thème "J'aime les filles" à l'orientale et "Enfants de tous pays" très "jazz", ce morceau prend une toute autre dimension. Un bel exercice de style sur lequel Pierre Vaiana déposera encore quelques soli de haute volée.

Retravaillé, présenté et surtout interprété de cette façon, aucune chanson ne résiste.
Même pas "Marina" de Rocco Granata.
Encore moins le "Nokia Tune" ( le public devant allumer son GSM et faire claironner sa sonnerie ! ) pour introduire "Le téléphon" de Nino Ferrer.
Ni "Félicie".

Et quand en rappel, Vaiana - très Sydney Bechet - joue "Que reste-il de nos amours?", on est sous le charme.

J'avais déjà revu ma méfiance à la baisse par rapport aux chansons "jazzifiées" lorsque j'avais vu en concert le trio deMatthieu Donarier qui reprennait lui aussi des chansons de Brassens. Avec une réappropriation très libre. Voire parfois méconnaissable. C'était vraiment très fort.

Ici, "L'Âme des Poètes" est sans doute plus respectueux des thèmes mais il ne se fait pas prier pour les démonter en tous sens. Et c'est ça qui est excitant...
un peu comme quand je pense à Fernande.


Un lien: L'Âme des Poètes

Jacques Prouvost
 
Lien de l'article :
http://jazzques.skynetblogs.be





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Interview De S.Semal

Trombinoscope

Le groupe s'est présenté le 4 novembre 2005 au Centre culturel de  Ans - Alleur.

 

*D'où vous est venue cette passion pour la jazz ?

Cette passion est venue principalement de l’écoute de la radio.

Plus précisément d’une émission de la RTBF, " Nocturne-Jazz " qui passait assez tard le soir.

*Quels sont les artistes qui vous ont inspiré ?

Il y a : Bill Evans, Keith Jarrett, Miles Davis, Chet Baker ...

*Pourquoi avoir choisi comme instrument le trombone ?

J’ai commencé à jouer de la trompette.

Ensuite, je me suis orienté vers un autre instrument, le piano.

Mais c’est le trombone, que j’ai découvert beaucoup plus tard, qui m’a semblé le plus accessible pour l’improvisation.

*Quel a été votre parcours ?

J’ai suivi des cours de trombone à l’académie de St Nicolas.

Par la suite, j’ai fait des stages organisés par " les Lundis d’Hortense " à la Marlagne près de Namur.

C’est là-bas que j’ai rencontré Phil Abraham.

Par après, je me suis rendu au conservatoire de Bruxelles pour une période de 2 ans.

*Quel style de jazz aimez-vous ?

Pratiquement tous les styles de jazz m’intéressent ou m’ont intéressé.

Pour l’instant, les productions du label ECM (Edition of Contemporary Music) m’attirent beaucoup : ce label favorise entre autres la fusion du jazz, de la musique classique contemporaine et des musiques du monde. J’aime aussi tout ce qui est musique brésilienne.

*Modifiez-vous les morceaux que vous jouez ?

Lorsqu’il s’agit d’un hommage, comme c’est le cas du programme d’hommage à " Jay & Kai ", nous essayons d’être le plus fidèle possible à l’esprit du groupe : les transcriptions des morceaux d’origine ont été réalisées scrupuleusement, afin de respecter le plus possible leur atmosphère.

Pour ce qui est des compositions originales, l’arrangement est parfois conçu en même temps que le morceau lui-même ; il peut évidemment évoluer par la suite …

*Quelle est pour vous la fonction principale de la musique ?

Personnellement, la musique me fait rêver. Mais c’est également un moyen de communiquer, d’échanger avec d’autres personnes.

Pour ma part, la musique n’est pas une activité professionnelle et je suis un amateur passionné.

Mais la musique est certainement le complément idéal de ma vie professionnelle.

Pour résumer , je dirais que la musique est une ouverture sur le monde et permet de faire rêver les gens.

*Quel est le message que veut faire passer le jazz ?

Je ne sais pas si la musique en général sert à faire passer des messages ; cela dépend probablement des personnes qui la jouent et des époques.

Les personnes qui jouent du jazz sont des improvisateurs.

Le public qui écoute leur musique est très sensible à la liberté que prennent les musiciens en improvisant.

Je pense que ce sentiment de liberté est ressenti très fort par le public.

*Comment percevez-vous le jazz dans notre société ?

Il y a un manque de succès.

La diffusion du jazz n’est pas suffisamment assurée par les médias.

En radio, il y a bien l’une ou l’autre émission quotidienne, mais qui ne sont pas programmées aux heures de grande écoute.

Le jazz n’est pas une musique que l’on diffuse régulièrement.

Difficile alors pour les gens de la découvrir.

De plus, il n’y a pas énormément d’endroits en Belgique ou l’on peut écouter du jazz.

Les personnes qui s’y rendent, sont déjà sensibles à cette musique.

Il y a des lieux qui commencent à faire des programmations plus ou moins régulières, ce qui est favorable pour faire découvrir le jazz à un maximum de gens.

*Pourquoi pensez-vous que les jeunes sont moins attirés par ce genre de musique ?

Je dirais que c’est à cause des nouvelles tendances musicales

et du matraquage qu’utilisent les radios pour diffuser ce type de programme. C’est dommage…. !

Il y a pourtant certains styles musicaux qui s’en sortent très bien : comme exemple la world music.

*Quel est l’avenir du jazz ?

Ce n’est pas une question des plus faciles.

Le jazz a toujours subi quelques périodes un peu houleuses mais d’une manière ou d’une autre, le jazz est resté présent.

Il y a eu des révolutions importantes avant les années 70’ et puis, après, il y a eu des révolutions un peu moins importantes.

Dans l’avenir, le jazz continuera certainement à évoluer.

Cette musique existera toujours quelle que soit sa forme : hybride ou pure.

 

Avec : François Cochet : Trombone

             Sébastien Semal : Trombone

             Sylvain Courtney : Guitare

             Marc Demuth : Contrebasse

             Max Silvapulle : Batterie


Propos recueillis par Rockx Nancy , stagiaire au CC d'Ans.




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Interview de Th.Péala

 

Jazz Al’Trappe

 

Interview de Thierry Péala et Bruno Angelini.

Concert du New Edge Trio au Centre culturel de Ans-Alleur le 07/10/05(Liège-Belgique)

 

 

-Peux-tu nous parler de ton évolution musicale entre ton premier CD et le nouveau qui va sortir bientôt…

Le style de chant a fort évolué…Nous l’avons vérifié hier soir avec un concert très émouvant…

 

 

Th. Péala :

-Dans le premier CD Inner traces, c’était une aventure autour des thèmes et de la musique du  trompettiste canadien Kenny Wheeler … toute la thématique était autour de sa musique qui possède une forte thématique mélodique et harmonique mais dans des formes entre guillemets plus classiques !

J’insiste entre guillemets…

 

Le projet actuel est la réunion de 2 univers, celui de Bruno Angelini et celui de Sylvain Beuf

Ils sont tous les deux compositeurs…

Sylvain m’avait déjà engagé dans son projet « Octovoise », et j’avais envie de réunir ces deux musiciens pour ce projet « New Edge Trio ».

La parolière Gill Gladstone a écrit les textes des deux projets, finalement il y a une continuité dans l’esprit mais il y a, en effet, une évolution…

Déjà le fait qu’il n’y a pas de basse ni de batterie, un espace se libère pour explorer des choses nouvelles…

 

 

-J’ai entendu hier soir un pianiste à son piano, un sax et un  flûtiste aussi à leurs instruments puis j’ai entendu un chanteur mais aussi un bassiste, un batteur…         

Explique-nous un peu comment tu es arrivé à cet habileté vocale… Comme si la voix était plusieurs instruments…

 

Th. Péala :

 

-Alors là très simplement…C’est quelque chose que je fais depuis l’enfance, quand j’étais gamin j’aimais bien m’inventer des harmonies dans la tête, je faisais des percussions avec la bouche…  c’est quelque chose que j’exploite encore peu sur les CD, mais dans le futur je compte bien développer cet aspect-là…

La voix évolue avec les années, j’ai un registre un peu plus grave, je m’amuse un peu avec ça…

Bruno aussi, comme il n’y a pas de bassiste, joue un rôle important sans pour autant imiter la contrebasse.

 

 

-Oui, Bruno, dans ton jeu, tu joues de façon assez complète la mélodie d’un côté et beaucoup l’accompagnement de l’autre, avec une grande sensibilité et pas seulement de la virtuosité, tu rends autant le sentiment de la note  que la valeur de la note, cela va au-delà des phrasés habituels, il y a comme des résonances de musique contemporaine, des suspensions… parle-nous de ta formation ?

 

Bruno Angelini :

 

En fait,  je n’ai pas poussé le piano au sens classique de ce côté-là, par contre j’en écoute beaucoup, de la musique du XXème siècle, européenne et américaine.

Sinon, je pense qu’en tant que pianiste, on a souvent tendance à « tartiner » car l’instrument s’y prête,  moi j’essaie de jouer davantage sur les résonances, les silences, les contrastes, les dynamiques. Tout en m’appuyant sur la tradition des pianistes de jazz que j’adore, vous n’allez pas retrouver chez moi ces phrasés ou pas seulement. J’ai effectivement beaucoup développé ma main gauche pour trouver des solutions quant au soutien de l’orchestre, notamment du côté de la suggestion : quand on répète une cellule, elle rentre dans l’oreille de l’auditeur, alors on peut la lâcher pour faire autre chose, dans l’aigu, la lâcher pas trop longtemps non plus, de telle sorte qu’on ait l’impression que plusieurs plans sont développés dans l’écoute…revenir au bon moment pour soutenir l’orchestre, eux aussi parfois jouent dans les graves, cela me permet de remonter etc.

 

-Parlons un peu de votre nouveau CD qui va sortir bientôt…

 

Th. Péala :

 

-Oui, cela s’appelle « New Edge Trio » donc à ne pas confondre avec « New Age » bien sûr…Edge signifie « rive », « frontière », c’était pour passer ailleurs tout en gardant un lien avec ce qu’on faisait avant, un lien poétique. Il y a de très beaux thèmes de Bruno et aussi de Sylvain, donc cela nous amène vraiment ailleurs…

 

-A propos d’ « ailleurs » il y a des résonances d’ailleurs aussi dans ce que tu fais, Thierry, quelquefois je crois entendre même un tabla hindou dans ta voix…

 

-Oui, parfois j’ai des espèces de réminiscences comme ça…

 

-Au fond quelles sont tes premières impressions d’enfance par rapport à la musique ?

 

Dans ma famille on chantait beaucoup… surtout de la chanson française, Brassens notamment ; ma mère écoutait beaucoup de Negro Spirituals quand elle était enceinte, elle avait un seul disque qui passait en boucle…ça me fait quelque chose quand j’entends ce disque ; et plus tard aussi mon père est arrivé avec un disque vinyle de démonstration de la stéréo dans lequel il y avait des big bands  avec les trompettes d’un côté, les sax de l’autre, tout de suite j’ai adoré ça, dès qu’il y avait des miettes de jazz à la radio je me jetais dessus,

J’ai aimé ça tout de suite. Chez moi on écoutait plutôt du classique, mais moi le jazz m’a plu tout de suite, et puis mon grand-père est revenu d' Amérique du Sud avec des disques inconnus de nous en France, bref comme un moineau je me nourrissais de miettes de jazz.

 

-Et toi, Bruno, comment es-tu venu au piano ?

 

-C’est venu de mes parents au départ, ma mère n’avait pas pu en faire et donc elle s’est dit « on va mettre Bruno au piano », elle ne m’a pas laissé le choix ; mon père, lui, aimait beaucoup le jazz, dansait le bop, donc à la maison il y avait quelques disques de jazz ; ensuite c’est moi qui ai ramené mon père au jazz car il avait tellement de travail qu’il s’en était un peu éloigné…suite à une écoute d’un disque de Mingus en sa compagnie, j’ai été trouver mon prof de piano en disant que je voulais improviser. Mon prof a dit que le jazz c’était du bruit, alors j’ai un peu débranché et joué autre chose; heureusement un peu plus tard, le cousin de ma mère, qui pratiquait le jazz, m’a proposé, lors d’une fête familiale, d’improviser au départ d’une grille en do, ça a été le déclic, j’avais 15-16 ans.

 

-Parlons un peu du futur…

 

Th. Péala :

 

-Si tout va bien il y a ce Cd qui devrait sortir en mars… et puis on va essayer de revenir vous voir…on va jouer avec ce trio autour de ce cd ; je voudrais qu’on tourne en Europe, notamment dans le Nord où notre musique est bien reçue ; plus on monte vers le Nord, plus c’est le cas (rire !!)…

 

Pour rappel donc l’album déjà sorti s’intitule « Inner Traces », « A Kenny Wheeler Songbook » publié chez Naïve en 2000. (Sur le site, nous donnerons les noms des musiciens)

 

Le Cd de Bruno Angelini « Empreintes » paru chez Sketch (2003)

Bruno Angelini Piano

Riccardo Del Fra Contrebasse

Ichiro Onde Batterie

 

 

Formation Octovoice de Sylvain Beuf .

 CD paru chez « Naïve »

 

 Sylvain Beuf (saxophone)

Emmanuel Bex (orgue), Louis Moulin (batterie), et les cinq voix, qui se déclinent en cinq tessitures : Laurence Saltiel (sorpano), Laura Littardi (alto), Brigitte Jacquot (mezzo), Thierry Péala (ténor), et Vincent Puech (basse).


Propos recueillis par Jean Mallamaci et Lucien Gryglewicz.





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Interview de Jimmy Van Der Plas

 

Jimmy Van Der Plas fait partie des "conseillers Jazz" pour le CC.

 

 

Leo Flechet

Illustration de John Kusters

*D’où vous est venue cette passion pour le jazz ?

Oh, cela fait des années.

Après la libération en 1945, j’écoutais " Trust " de l’armée américaine en Allemagne.

C'était la radio AFN. (American Forces Network).

L’émission commençait vers 22h jusqu'à 4h du matin.

C’est arrivé ainsi. ( rire)

*Avez-vous déjà joué dans un groupe de jazz ?

Non, je ne connais aucun instrument.

J’ai l’oreille mais je ne connais pas la musique.

J’aurais bien voulu jouer du trombone mais mon père ne voulait pas.

Il désirait que j’étudie l’arcordéon.

Et après c’était trop tard.

*Comment êtes-vous arrivé au centre culturel d’Ans ?

En 1989, je suis venu voir un concert au centre culturel d’Ans.

C’etait Toots Thielemans qui jouait.

Par la suite, j’ai tenu l'œil sur les différentes programmations qui se faisaient ici.

C’est comme ça que j ai su que de temps en temps, il y avait un groupe de jazz qui se présentait.

Pas nécessairement des gens connus comme Thielemans mais des petits groupes que je connaissais bien.

*Quel est l’origine du jazz Al’Trappe ?

Étant venu assister deux ou trois fois à des concerts de jazz, j’ai eu l’occasion de parler au directeur du centre culture, Denis Gilis.

Il m a demandé si je connaissais assez bien le jazz.

Je lui ai répondu que j’écoutais du jazz un peu partout, à cette époque -là.

C’est au fur et à mesure de nos conversations que nous sommes arrivés à faire venir un peu plus souvent des groupes de jazz.

Et donc, plus de personnes.

En 1991 il en venait un par mois.

C’est M. Denis qui a trouvé le nom de " jazz Al’trappe " puisque le lieu dit est Al’Trappe.

Il y a une plaque près de l’autoroute avec ce nom.

Je ne sais d ailleurs pas pourquoi.

*Ou se donnaient les 1er concerts de jazz au centre culturel ?

Les petits groupes se présentaient au cabaret derrière le centre culturel .

C’est à cet endroit que tout a commencé.

Ensuite, il y a eu de plus en plus de monde

Nous avons dû déplacer le cabaret à la salle.

Certains concerts se donnaient dans la grande salle, surtout quand c’était des Big Band ou des groupes connus,…

*Quels sont les grands personnages qui se sont présentés au centre culturel d’Ans ?

Oh, Toots THIELEMANS dont je vous ai déjà parlé, mais aussi Jacques PELZER, SADI, Steve HOUBEN,..

Parmi les programmateurs, il y avait un musicien de jazz qui a joué avec des grands noms Il s’appelait Léo FLECHET, il organisait aussi des concerts en dehors de la programmation pré-établie, un vrai bonheur !

Malheureusement, il y a maintenant un peu plus d’un an, il est décédé.

Nous avons eu vraiment de bons moments , et il y en aura encore.

Des moments forts.

*Quel est votre rôle au sein du centre culturel ?

Je suis dans le groupe de programmation.

Je viens ici pour voir si tout est en ordre, jeter un petit coup d’œil ( rire ) et parler avec les musiciens.

Je place également des étiquettes sur les tables pour des personnes qui ont réservé.

Je fais de la publicité en allant mettre des flyers sur les présentoirs en ville et en placant des affiches.

*Quel est pour vous l’avenir du jazz ?

Les lieux, où l’on fait du jazz, se multiplient et les fans connaissent parfaitement les dates des différentes représentations.

*La Belgique a une place importante dans le jazz. Pouvez-vous m ‘en parler ?

Oui bien sûr, vous avez :

Jacques Pelzer qui a joué en Amérique,

Steve Houben,

Bobby Jaspar,

René Thomas entre autres

La Belgique a accueilli le jazz grâce à de bons cabarets mais aussi à des festivals de renommés comme celui de :

Comblain la Tour (années 60’),

le festival de jazz à Bruxelles, 

 le festival Belga jazz,

et le festival international de Liège

Toujours maintenant, il y a des concerts comme celui qui se déroule à Liège, à Dinant, à Huy, …

A liège, il y a la maison du jazz où chaque semaine, il y a des cours, des projections de vieux films sur cette musique.

Il y a également le Pelzer club qui est la maison du défunt Jacques PELZER.

*Quels sont les morceaux de jazz que vous aimez ?

Pour moi, ce sont des standards, des morceaux connus, et chaque fois qu’un groupe joue un de ces airs, il le personnalise.

C’est ce qui m intéresse, c’est la manière dont les musiciens vont interpréter, jouer un " classique ", ressentir cette musique.

Des groupes qui ne jouent que leurs compositions doivent être écoutés plusieurs fois pour être appréciés.

*Comment percevez-vous le jazz dans notre société ?

Il n’y a pas assez de publicité, malheureusement

Le jazz est méconnu sauf, comme je vous l’ai dit, du public qui en est amoureux, qui a su s’en approcher

Les jeunes maintenant écoutent du rap, de la techno Il n’y a pas de sentiments dans ce genre de musique

Tandis que dans le jazz….Ah, le jazz.


Propos recueillis par Rockx Nancy , stagiaire au CC d'Ans.
















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